La sexualité en milieu scolaire au Bénin : Causes, manifestations et conséquences.

La plupart des sociétés et cultures africaines ont souvent considéré la sexualité comme un sujet tabou. On ne doit pas en parler même entre adultes et surtout avec les mineurs. Des comportements qui devraient normalement effrayer ou éloigner les mineurs des sujets et actes liés à la sexualité mais cela n’a pas peut-être suffît. La sexualité est connue partout aujourd’hui et demeure un handicap dans la vie de certains mineurs et adolescents surtout ceux en milieu scolaire.
Certaines jeunes filles s’adonnent au sexe à l’école pour bénéficier des notes immer ilitées en classe ou pour d’autres bien matériels en ville.
Les raisons qui poussent les élèves filles à cet acte sont diverses. Les filles en situation de classe peuvent se donner au sexe entre apprenants, entre enseignant et apprenante et parfois entre civil et apprenante. Dans tous les cas, il y a une cause et une raison qui sont derrière cet acte préjudiciable.
Les avertissements du gouvernement et les menaces de sanction et d’emprisonnement suffisent-ils pour éviter la sexualité en milieu scolaire ? La réponse est non.
Le ministre de l’enseignement secondaire Mahougnon KAKPO face aux députés à l’Assemblée Nationale le 05 Janvier 2021 faisait savoir que plus de 9000 cas de grossesses ont été enregistrés en milieu ces derniers cinq (05) années soit de 2016 à 2020.
Nous avons donc mené une enquête et avons recueilli des informations chez certaines filles et garçons de nos écoles, des enseignants, des responsables d’ONG et d’institutions spécialisées dans le social et du genre. Notre enquête vise à aller découvrir les causes et manifestations du phénomène afin d’amener chacun à lui proposer des solutions pour son éradication ou son freinage.
Nous avons d’abord pris le plaisir d’écouter des apprenants qui parlent d’eux-mêmes d’abord du phénomène comment la sexualité se manifeste en milieu scolaire et ses causes.
Selon Jasmine Balavi AKE, une élève en classe de 1èreD, le sexe parfois sauve certaines filles de la faim à l’école. Elle ne l’a pas fait avec un professeur mais plutôt son camarade de classe. «il est difficile de le dire. Moi je n’ai jamais connu le sexe si ce n’est qu’en 4ème déjà et ceci indépendamment de ma volonté. Chez moi, ce n’était pas pour gagner des points car j’étais une travailleuse mais avec le ventre creux. Tout a commencé un 10h à la récréation quand c’est un camarade garçon qui m’a nourrit avec 50 F. J’étais vraiment content de son geste mais ne sachant jamais qu’il le faisait pour le sexe. Mais quand notre amitié a grandi et qu’il est devenu plus qu’un parent à me nourrir à l’école et que je lui devais obéissance et reconnaissance, il avait couché avec moi avant la fin de l’année. Même si j’ai pleuré après l’acte, j’ai finalement compris qu’il n’y avait que ça pour me sauver de la faim à l’école.»
Pour cette fille que nous avons rencontrée, elle ne mourait pas de faim mais le sexe peut lui faire passer de classe en classe sans toucher au cahier à la maison. Elle, c’est Caroline Sèvè AKLOTOU qui a abandonné les classes en classe de terminale. «Je n’avais pas le temps d’apprendre mes cours à la maison. Si les parents ne m’occupent pas, c’est moi même qui n’ai pas le temps. Et je ne donnais pas le meilleur de moi dans les devoirs et interrogations. Un professeur ne m’a jamais fait la cours mais c’est plutôt moi même qui les séduisais pour échanger en fin le sexe contre des notes. Il y a des professeurs responsables avec qui ça ne marche pas mais d’autres ne le sont pas. On ne peut pas le dire mais j’ai utilisé mon sexe pour réussir dans les classes intermédiaires mais en terminale, je ne pouvais pas et j’ai dû abandonner après plusieurs tentatives. Je regrette aujourd’hui.»
Barbara Affa KAKO est une fille en classe de 3ème. Elle s’est donné au sexe avec presque tout le monde, professeur, élèves et civil pour des bien matériels et ambitions personnelles. «j’ai eu à faire avec des fausses amies. Les parents ne nous négligent pas mais on a toujours voulu grand. Nous nous approchons des garçons pour échanger le sexe contre des bien matériels. À l’école vous allez nous voir avec des sacs d’écolier, des chaussures et d’autres bijoux de grandes valeurs des fois en uniforme. Si tu es une fille et que tu nous envie, il faut savoir tout à l’heure que tu dois te donner au sexe avec n’importe qui pour avoir de l’argent. C’est comme ça moi même j’étais venue dedans. C’est une amie qui m’a donné ce salle conseil. Nos complices sont des boutiquiers, des artisans en ville et certains enseignants. Parmi nous d’autres sont parties en mariage forcé et on abandonné l’école.»
Pour ce garçon en classe de 1ère A2, Koffi Gilbert EKE ZAVOU, la sexualité en milieu scolaire est connue de tous. C’est un phénomène qui grandit chaque jour entre élèves et professeurs. Pour lui, il y a des garçons élèves qui commercent avec les filles en les livrant aux professeurs contre de l’argent et des notes. «Tous les professeurs ne sont pas les mêmes. Il y a certains qui discutent même des élèves avec les élèves. Si un élève tombe amoureux de sa camarade fille, il y a des professeurs qui discutent la même fille avec l’élève et commence sévir les deux élèves. Certains professeurs, c’est leur travail de courtiser toutes les filles des classes qu’ils gardent ou de tout l’établissement en général. Ils ont plusieurs manières de le faire. Soit leur donnant des points ou de l’argent, soit pour d’autres faveurs administrative. Ce qui est parfois malheureux, il arrive des fois que certains élèves garçons amènent des filles aux professeurs pour avoir des notes pour réussir et aussi recevoir de l’argent chez les professeurs pour leur chercher des filles à coucher.»
Selon les informations recueillies de cette jeune fille élève en classe de 2ndeG2, Sidonie Kaffè AZEFATO, il y a des professeurs bizarres et parfois harceleurs.
«Moi j’ai vécu un temps bizarre de sexualité à l’école. Il y a des professeurs harceleurs. Pour un témoignage, j’ai rencontré un professeur en 5ème qui m’avait gardé. Malgré mon âge, ce professeur me faisait des avances. Soit à 10h il me demande à lui payer à manger et quand je revenais avec la monnaie il me la donnait quoi qu’en soit le montant. Et après, il m’a déclaré qu’il est tombé amoureux de moi. J’ai trouvé ça bizarre et j’ai refusé. Depuis ce jour, je suis confuse et frustrée. Il n’a jamais cessé. Sur mes feuilles d’interrogations et devoirs il me donne des notes que je ne mérite pas. Et quand il a demandé à coucher avec moi un jour, j’ai refusé et c’est un combat entre lui et moi partout il me voit. Il m’a poursuivi de la 5ème jusqu’en classe de 2nde où il a réussi à m’avoir dans son lit. Ces genres de professeurs sont nombreux dans les écoles aujourd’hui.»
Personne ne veut en parler ou considérée par la plupart comme un sujet tabou, la sexualité en milieu scolaire est une parfaite réalité et continue de nuire l’éducation béninoise et les plus victimisées sont les filles.
Les deux acteurs du phénomène de la sexualité en milieu scolaire, l’enseignant et l’élève se provoquent tous deux. Soit c’est la fille élève qui provoque son professeur à lui faire la cours soit c’est l’enseignant qui profite de certaines faiblesses de la fille pour lui proposer le lit en lieu et place de n’importe quel genre d’aide qu’il lui aurait apporté.
Le plus coupable face à cette situation est sans doute les parents qui manque de suivi à leurs enfants filles envoyées dans les écoles. Un désagrément ou une démission de certains parents qui n’arrivent pas à remplir leurs devoirs envers leurs enfants filles envoyées à l’école. D’autres malgré le peu de moyens et remplissant le minimum de leurs engagements ou devoirs envers leurs filles se permettent parfois de ne pas contrôler celles-ci à la maison comme à l’école. parfois, des filles élèves avec cette salle besogne dans leurs processus scolaires font enregistrer des cas de grossesses non désirées, des mariages forcés. Le gouvernement n’a pas manqué d’effrayer les acteurs de ce phénomène malheureux dans les écoles. Des cas de flagrance sont punis avec l’application de l’arrêté interministériel N °2003 16 /MEPS/ METFP, portant sur les sanctions Á infliger aux auteurs de violences sexuelles dans les écoles et établissements d’enseignement secondaire général, technique et professionnel et la loi n ° 2006-19 du 05 septembre 2006 portant sur la répression du harcèlement sexuel et la protection des victimes. Mais la plupart des cas passe inaperçus. Pas de dénonciation et pas de fragrance.