L’avortement, la Loi et les religions donnent parfois le feu vert et ne condamnent pas.

L’avortement est parfois considéré comme un crime, un péché divin ou encore un meurtre pour être puni mais la loi et les religions (Christianisme, Islam, Animisme) prennent conscience de certaines conditions où l’avortement est obligatoire pour sauver la vie humaine ou l’honneur de toute une famille ou de toute une société. Pasteur, Islamologue, Chef fétichiste, Sage femme, Docteur Gynécologue et citoyens Landa se sont prononcés ici.
L’avortement selon le dictionnaire Larousse est l’interruption volontaire ou non d’une grossesse ou une gestation avant terme. C’est un phénomène observé chez les jeunes filles et femmes mariées ou non partout dans le monde dont les causes sont variées et multiples. La décision d’avorter n’est toujours pas une bêtise. Plusieurs sont ceux qui condamne nt l’acte avec la dernière rigueur même s’il y a parfois des avorteuses et avorteurs contraints et innocents. Pour certains et les plus religieux c’est un meutre défendu par Dieu et les dieux terrestres. C’est alors un péché divin qui mérite une sanction divine. Pour d’autres c’est un crime contre l’humanité, un assassinat qui doit être puni par la loi.
Est-ce tout avortement prend toujours le sens d’un crime, d’un péché divin ou d’un assassinat pour être puni ?
La rédaction de “la Flèche du Désir 2A” a mené une enquête et vous propose de suivre.
Pour commencer, nous avons promené notre micro chez certains citoyens en ville.
– Journaliste : Que savez-vous de l’avortement ?
– Interviewé : heuuu….l’avortement selon moi est le fait de tuer un bébé dans le ventre avant sa naissance.
– Journaliste : Et selon vous, qu’est-ce qui peut amener une femme à avorter ?
– Interviewé : ce sont les prostituées qui font l’avortement et elles doivent être punies.
– Journaliste : Monsieur, si votre sœur, ou votre maman a été violée par un hors la loi et que celle tombe enceinte, allez-vous décider qu’elle garde cet enfant ?
– Interviewé : humm !!!! Euh, euh, je vais… euh euh…ça c’est compliqué hein
Une deuxième personne touchée
Une seconde personne que nous avons rencontrée dans la rue
– Journaliste : Que savez-vous de l’avortement ?
– Interview 2 : l’avortement c’est un processus par le quel une femme se décide de mettre fin à la vie d’un futur bébé.
– Journaliste : Et selon vous, qu’est-ce qui peut amener une femme à avorter ?
– Interview 2 : pour moi les raisons sont nombreuses et dépendent d’une femme à une autre.
– Journaliste : Et selon vous, l’avortement peut-il être proposé ou accepté dans certaines conditions ?
– Interviewé 2 : [il renfrogne la mine] Pas du tout, quelle condition peut autoriser à tuer un bébé innocent ? L’avortement ne peut jamais être accepté. Il doit être au contraire être puni.
– Journaliste : Que feriez vous si votre femme tombe enceinte et après l’échographie il ressort que le foetus est victime d’une malformation et la mère porteuse de la grossesse ne vas pas suivre et il faut l’avortement ?
– Interviewé 2 : [rire….] Dans ce cas je pense que [rire…] qu’il faut avorter mais ce sont des cas rares.
Pour savoir toujours de l’avortement et de ce que dit les religions nous avons pu écouter un haut dignitaire du culte Vodoun, Monsieur Barthélémy ZINSOU alias Légba Aguihoundjaga Kpolézandji, délégués principal des religions endogènes du département du couffo CONACEB, président des PMT du couffo, directeur exécutif CRABID -ONG. Selon lui l’avortement est interdit mais la règle a des exceptions. « L’avortement n’est pas une bonne chose et il est formellement interdit par les mânes de nos ancêtres. Quiconque se permet d’avorter court de grands risques pouvant le conduire à la mort, à la stérilité, à des troubles de santé et de la colère des dieux. Il y a des coutumes qui n’acceptent pas l’avortement. »
Le haut dignitaire du culte Vodoun Barthélémy ZINSOU du département du Couffo, revient dire que les esprits et les mânes de nos ancêtres peuvent parfois ne pas punir une avorteuse.
“Mais toutes fois, nous pouvons vous dire que les dieux de nos ancêtres ont toujours de la compassion pour l’humanité. Ils acceptent aussi l’avortement dans certains cas majeurs. Quand la vie de la femme est en danger, quand il y a de l’inceste, ou une mineure qui tombe enceinte prématurément, on fait des prières ou des rituels de demande de pardon pour avorter. Et aux temps anciens, des simples prières peuvent avorter ou il y a des cordes sacrées qu’on met sur la voie et il suffit que la femme enceinte passe au dessus et l’avortement est fait ainsi. »
Nous nous sommes aussi intéressés à la religion musulmane et nous voici avec le prédicateur, l’islamologue Abdoul Wassiou Elias.
« Les gens font l’avortement pour diverses raisons mais sans se soucier des conséquences graves telles que la stérilité, la mort etc. L’avortement est un péché grave pas seulement en Islam même dans nos coutumes respectifs, l’avortement n’est jamais permis. Ceci est appuyé par la sourate Al-Mã’idah (La Table Servie) au verset 32. Dieu nous dit ceci : « c’est pour cela nous avons prescrit aux enfants d’Israël la loi que voici : quiconque aura tué une personne sans que celle-ci n’ait commis un meurtre ou semé la corruption sur terre, c’est comme s’il avait tué toute l’humanité entière sur terre. Et quiconque l’aura fait revivre c’est comme s’il avait fait revivre toute l’humanité entière. »”
Pour Abdoul Wassiou, le prédicateur musulman, le Saint Coran a prévu des cas de nécessité où l’avortement peut être accepté en Islam. “Maintenant venons à l’exception de ses deux versets. Le Coran a aussi dit: <<Lorsque la vie la femme porteuse de la grossesse est en danger et prouvée par les spécialistes de la santé et la solution ne serait rien d’autre que d’avorter pour sauver la vie de cette maman, c’est dans ce seul cas que l’Islam accepte l’avortement. C’est aussi appuyé par la sourate : Al-Haj (Le Pèlerinage) au verset 78 après la troisième phrase où Dieu nous dit : « il ne vous a soumis à aucune gêne de cette religion qui est celle de votre père Abraham. » L’islam ne constitue aucune gêne pour l’humanité. Toute fois lorsqu’il y a nécessité de cas majeurs, tout est aussi prévu par le glorieux Coran.”
Nous sommes à présent avec un pasteur d’une église Évangélique qui parle du sujet mais préfère répondre dans l’anonymat.
« Dieu et la Bible sont contre toutes sortes de meurtre. L’avortement est un péché grave selon la Bible. Dans les livres de Levitique 24 : 21, il est écrit : «Celui qui tuera un animal le remplacera, mais celui qui tuera un homme sera puni de mort.» L’avortement quelques soient les raisons est considéré comme un meurtre et le meurtre est proscrit par Dieu. Il est aussi écrit : Exode 20 : 13 «tu ne tueras point» »
Pour ce Pasteur, Dieu peut tout pardonner mais à des conditions données.
“Si l’avortement ou n’importe quel péché est commis involontairement et que le fautif reconnait son péché et demande pardon, je pense que Dieu le pardonnera. 1Jean 1 : 9, «Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.» L’avortement qui serait fait pour sauver la vie d’un individu, Dieu miséricordieux qui sonde les cœurs peut pardonner. »
Nous sommes allés pour la même cause écouter Madame BOCOVO Annick, Sage femme d’état et coordonnatrice ABPF Mono-Couffo. Madame la sage-femme a abordé le sujet et donne une définition à l’avortement : « L’avortement est l’arrêt de l’évolution d’une grossesse de moins de six mois. Il peut être spontané ou provoqué et les causes sont multiples. Les conséquences de l’avortement sont aussi énormes. S’il est clandestin il y a perforation utérine, hémorragique, stérilité, mort… »
Pour la sage-femme, Madame Annick BOCOVO, les femmes ont certains droits leurs permettant de décider d’avorter quand elles sont obligées.
« Sur le plan scientifique, il s’apparente à un soin de santé sexuelle. La jouissance du droit de la femme de disposer de son corps. Quand la femme veut et avec les raisons définies par la loi, elle peut avorter surtout quand sa vie est en danger. Je conseille à tous de ne pas stigmatiser les personnes ayant bénéficié d’un avortement. Et en cas de grossesse non désirée de se référer vers des centres adaptés pour de meilleurs conseils. »
Nous avons par suite approché le Dr Cyriaque NANDOHOU, Gynécologue Obstétricien en service à l’hôpital de zone de Klouékanmè, Président du conseil départemental Couffo de l’ordre national des médecins du Bénin, Point focal Couffo du CNGOB (Collège National des Gynécologues Obstétriciens du Bénin) dans le cadre du Projet de Plaidoyer pour un Avortement Sécurisé (PPAS). Le Docteur gynécologue présente ici les causes des avortements et la loi qui les autorise.
» L’avortement n’est jamais un acte plaisant. Permettez de vous parler des causes des avortements et nous pouvons déduire de sa classification que :
• Les avortements provoqués ont pour cause : La volonté de la femme d’interrompre la grossesse (elle connaît les raisons qui sous-tendent sa décision). Des raisons médicales. Ici c’est le corps médical qui prendre la décision d’interrompre la grossesse pour motif médical.
• Les avortements spontanés. Les causes sont nombreuses. Nous allons les énumérer simplement : Anomalies chromosomiques, Les causes mécaniques (utérines et ovulaires), infectieuses, génétiques, endocriniennes, immunitaires, métaboliques et vasculaires… ”
Se prononçant sur la question de savoir si les avortements sont proposables et acceptables en République du Bénin, voici la réponse du Docteur Cyriaque NANDOHOU.
» Je veux m’appuyer ici sur la loi N° : 2003-4 du 03 Mars 2003 relative à la santé sexuelle et reproductive. L’article 17 de cette loi précise les conditions dans lesquelles l’avortement est autorisé au Bénin. Elles concernent les avortements provoqués. »
Après avoir écouté tout ce monde, nous avons compris que les causes de l’avortement sont presque les mêmes selon un individu Landa, responsables religieux et chez les spécialistes de santé.
L’avortement a de différentes causes et présentes des conséquences sur la vie et la santé des avorteuses. Il est toujours considéré comme un péché divin ou un crime et mérite d’être puni.
À côté, certaines conditions font avorter sans être vu comme fautif et des conditions qui sont bien cadrées et définies par loi. L’avortement est accepté ou proposé quand la vie de la femme porteuse de la grossesse est en danger, lorsque la grossesse est survenue après un viol ou inceste ou encore lorsqu’il y a malformation du fœtus selon la loi Nº2003-4 du 03 mars 2003.
Il faut aussi et comme conseil, prévenir les grosses non désirés pour éviter l’avortement qui présente parfois de conséquences graves. En cas de grossesse non désiré, il est plus conseillé de se rapprocher des personnes spécialisées ou des centres spécialisés dans le domaine de la santé sexuelle. Pour exemple, nous pouvons citer ici l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille (ABPF).
La santé est tout et la vie humaine est chère et sacrée.
Et c’est une enquête de Adrien AMOUSSOU, Le DP de La Flèche du Désir 2A